La distillation. Le droit de distiller non héréditaire. En 1960.
En France, l'origine du « droit de distiller » ou privilège des bouilleurs de cru remonte à un décret de Napoléon Ier en 1808 (parfois associé aux campagnes de l'Empire pour récompenser les troupes). Napoléon institue ce droit pour permettre aux propriétaires de récoltes de transformer leurs fruits, leur vin ou leur marc en eau-de-vie pour leur propre consommation Il autorisait les bouilleurs de cru à distiller une quantité d'alcool en étant totalement exonérés de droits de consommation (les taxes). Ce privilège était même héréditaire. Face aux ravages de l'alcoolisme rural et aux fraudes, le gouvernement (notamment sous Pierre Mendès France puis l'ordonnance du 30 août 1960) met fin à l'hérédité du privilège, le limitant de conjoint à conjoint, ce qui entraînera la disparition de ce droit avec le temps. Désormais, Il est strictement interdit de posséder un alambic chez soi ou de distiller clandestinement. Les propriétaires de vergers peuvent toujours faire distiller leurs fruits (récolte personnelle), mais ils doivent obligatoirement confier l'opération à un professionnel ou utiliser un alambic communal/associatif déclaré, après une déclaration préalable auprès des services des douanes.